Ukraine-Taïwan: la marche vers la guerre

Les conflits sont-ils vraiment évitables ? Si l’OTAN avait montré moins de fermeté avec la Russie, qu’aurait-on dit ? On aurait sans doute parlé d’un nouvel « accord de Munich ». Mais en l’occurrence, dans cette nouvelle phase de l’Histoire, c’est l’Occident qui ne cesse d’avancer vers l’Est et de se rapprocher dangereusement de Moscou. On se rappelle de la déclaration de Vladimir Poutine d’il y a quelques années: « Je ne sais pas comment tout cela va se terminer, mais je ne peux pas faire autrement. » Si l’OTAN s’installe aujourd’hui à Kiev, qui empêchera demain l’organisation atlantique de finir de déstabiliser Loukachenko, fort mal en point en Biélorussie, et d’installer demain ses missiles à Minsk ? Jusqu’où Poutine pourra-t-il reculer sans tomber ? Au Kazakhstan, il a dû envoyer des troupes russes pour empêcher la révolte populaire d’emporter le régime du successeur de l’autocrate Nazarbaïev, le peu populaire Tokaïev. Ce dernier a même ordonné à l’armée de tirer sur la foule. C’est dire si, de toute part, le navire russe prend l’eau. Alors le maître du Kremlin n’a d’autre choix que d’avancer pour ne pas reculer. Il met un point d’honneur à ne pas céder sur l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Quitte à précipiter le monde dans la guerre totale.

Du côté américain, Joe Biden n’est pas non plus dans une excellente situation. Son début de mandat est catastrophique et on a fini par se rendre compte que, à l’instar de François Hollande en France, son peuple ne l’a porté à la magistrature suprême que pour une seule raison: faire déguerpir son prédécesseur. En outre, il a montré son manque total de diplomatie en ayant traité Vladimir Poutine de « tueur » à la télévision devant des millions de téléspectateurs médusés. Sans doute croit-il qu’un affrontement avec la Russie peut redorer son étoile ternie, mais il semble que lui non plus ne mesure pas les conséquences de ses actes.

Côté chinois, par contre, on se frotte les mains. Xi Jinping subit de plein fouet les effets de la guerre commerciale qu’a lancé contre lui le gouvernement américain et il n’attend qu’une chose: que les Russes allument l’étincelle pour en découdre avec l’Oncle Sam sur l’éternel sujet de désaccord: Taïwan. De l’autre côté du détroit, on se prépare depuis longtemps à cet affrontement, mais les Etats-Unis pourraient se retrouver à combattre sur deux fronts en même temps et devoir faire le choix de diviser leurs forces. Certes, cela ne les a pas empêché de gagner la Seconde Guerre Mondiale contre les Japonais et les Allemands en même temps, mais il semble que les adversaires d’aujourd’hui ne soient pas du même acabit.

Reste enfin un dernier acteur: l’Union Européenne. La perspective de la guerre n’a fait que renforcer l’union entre ses membres. Tous ont réagi unanimement concernant les sanctions à appliquer à la Biélorussie, mais il reste à résoudre le cas épineux du maître de Budapest, Viktor Orban, qui penche toujours du côté de Moscou. Un autre problème resurgira également du côté du moteur franco-allemand: si la guerre se déclenche vers la mi-février comme le pensent les experts, la France sera en pleine campagne présidentielle et l’élément moteur de l’Union sur le plan militaire, en l’absence du Royaume-Uni, ne pourra jouer pleinement son rôle. C’est sans doute un coup à jouer pour Vladimir Poutine.

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