Ukraine: que faut-il attendre de la contre-offensive ukrainienne d’août ?

Sur tous les médias du monde, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a annoncé la mise sur pied d’une grande contre-offensive pour le début du mois d’août avec pour objectif premier la récupération du sud du pays et le retour de l’accès complet de l’Ukraine à ses ports. Etant donnée la situation actuelle et la progression, certes lente mais régulière, de l’armée russe en Ukraine, on se demande comment l’armée ukrainienne peut renverser la situation et, non seulement stopper l’armée russe, mais en plus la mettre en déroute. Pourtant, il y a actuellement quelques motifs d’espoir du côté ukrainien.

Tout d’abord, sur le plan matériel. L’armée russe a certes progressé, mais elle a perdu un materiel considérable dans ces offensives. Or, avec les sanctions internationales, il lui est difficile d’acheter du matériel militaire à l’étranger. Quant à le produire sur son sol, il y a deux problèmes: le premier vient de la pénurie actuelle de semi-conducteurs au niveau mondial, qui complique toute fabrication de matériel de guerre muni de la moindre pièce d’électronique. Or, comme on le sait, hormis les Kalashnikov, quasiment tout le matériel militaire moderne est bourré d’électronique. Le deuxième provient des délais de fabrication: en quelques mois, la Russie a perdu environ un millier de chars de combat, mais il faut environ deux ans pour en refabriquer un. Cela voudrait dire qu’il aurait fallu préparer l’invasion de l’Ukraine il y a deux ans, en pleine pandémie de Covid-19. Ce n’était à l’époque bien évidemment pas dans les plans de Vladimir Poutine. La Russie va donc se retrouver tôt ou tard à court de matériel, tandis que du côté ukrainien, elle peut profiter des livraisons massives en provenance de ses alliés occidentaux.

Ensuite, sur le plan humain. Pour le moment, l’armée russe n’a fait appel qu’à ses soldats de métier, et sans doute quelques réservistes qu’elle a grassement payé pour qu’ils s’engagent. Difficile quand on envahit un pays voisin d’envoyer en masse les appelés du contingent, car ils peuvent alors se révolter et provoquer même une révolution en cas de revers. L’Ukraine n’a évidemment pas ce problème, puisque son territoire est attaqué. Le président Zelenskyy a très tôt décrété la mobilisation générale, mais n’a pas encore appelé tous les hommes en âge de se battre, pour la bonne raison que la majorité ne sont pas assez formés. Pour manier un Stinger ou un Javelin, qui se tient sur une épaule, une formation courte suffit. Mais quand il s’agit de manier un Caesar (photo) livré par l’armée française, c’est une autre paire de manches ! Alors depuis quelques temps, de nombreux appelés ukrainiens partent à l’ouest se former sur des matériels de l’OTAN. Et ceci explique sans doute pourquoi les Ukrainiens ont encore besoin de temps avant de lancer leur contre-offensive.

Mais le président Zelenskyy l’a dit: il n’a pas besoin de soldats étrangers. Il peut lever une armée de plus d’un million d’appelés assez motivés et prêts à mourir s’il le faut. Face à la centaine de milliers de soldats russes déployés, c’est largement suffisant. Mais un million de fantassins qui partent avec un fusil pour servir de chair à canon à l’armée russe, cela ne sert à rien. Il lui faut un million de soldats formés sur du matériel de haut niveau et prêt à l’emploi. Dans ces conditions, et dans ces conditions seulement, une victoire ukrainienne lors de la contre-offensive d’août peut être envisageable.

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